2026-08-24 · regulation

La Chine et la Jordanie appellent au maintien du cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran

Source Investing.com FR Economy

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Historiquement, le monde arabe a toujours eu des positions marquées sur le conflit israélo-palestinien. Au cours des trente dernières années, deux principaux groupes se sont distingués. D'un côté les pays qui avaient officialisé des accords de paix avec Israël et reconnu son existence. C'était l'Égypte et la Jordanie. Face à eux, existait ce que l'on nommait le camp du refus. Aujourd'hui, la dynamique a sensiblement évolué puisque plusieurs pays ont signé les accords d'Abraham en décembre 2020, marquant une nouvelle phase de relations avec Israël : les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan. Malgré cette ouverture, un camp du refus demeure, principalement structuré par l'axe de puissance iranienne dans la région. Il englobe des pays tels que l'Irak, la Syrie et, dans une certaine mesure, le Liban, principalement en raison de l'influence du Hezbollah.

Les Émirats arabes unis, tout comme Bahreïn bien que d'une manière plus modeste, ont établi des relations diplomatiques avec Israël par le biais des Accords d'Abraham. Cette démarche les distingue de certains de leurs voisins. Contrairement au Maroc, les Émirats arabes unis n'ont pas eu de présence de population juive importante dans leur histoire récente. Leur position géographique et leur puissance régionale en font toutefois des acteurs clefs de la crise diplomatique ouverte par la guerre de Soukkot. La tenue des Accords d'Abraham dépend en partie de la réaction d'Israël face à certaines situations. Cela peut limiter les Émirats dans leurs actions, tout en leur offrant une opportunité de jouer un rôle de médiateur dans la région. En termes de géopolitique régionale, le Qatar se distingue par son rôle de soutien financier de premier plan du Hamas, créant ainsi un point de tension potentiel avec les Émirats arabes unis. Malgré cette rivalité, les deux pays restent paradoxalement parmi les zones les plus stables en cas de tensions régionales accrues : Dubaï, en particulier, est considérée comme un bastion investi par l'ensemble des parties prenantes à tous les conflits régionaux, voire internationaux. Une question cruciale est de savoir quel serait le seuil, en termes de victimes palestiniennes à Gaza, en Cisjordanie ou au Liban, qui pousserait les Émirats arabes unis, mais aussi le Maroc, à reconsidérer les Accords d'Abraham. Bien qu'il soit difficile d'évaluer un tel seuil, ces accords, difficiles à conclure, seraient probablement maintenus, sauf en cas de catastrophe d'une ampleur inimaginable. À long terme, il est peu probable que ces pays rompent totalement leurs liens avec Israël. Ces États pourraient adopter toute une gamme de discours nuancés pour signaler leur préoccupation, leur condamnation tout en cherchant à proposer des solutions diplomatiques, de façon à signaler leur nouveau rôle de puissance médiatrice régionale.

L'Arabie saoudite occupe aujourd'hui une position très singulière et elle est fragilisée par la guerre de Soukkot. Sous la direction de Mohammed ben Salmane (MBS), elle avait amorcé une politique audacieuse de rapprochement et de normalisation avec Israël. Cette démarche aurait pu être concrétisée cet automne ou en 2024. Mais une escalade du conflit pourrait suspendre durablement cette dynamique et, par extension, remettre en cause une grande partie de la stratégie suivie jusque-là par le prince héritier, dont l'argument principal auprès de la communauté internationale a été que la région serait plus stable et plus calme sous sa houlette. En réalité, malgré ces promesses, l'Iran continue de disposer de moyen d'atteindre indirectement Israël via le Hamas et le Hezbollah et donc de perturber les plans du rival saoudien. La question de la capacité réelle de l'Arabie saoudite à juguler la situation actuelle est posée et la réponse à celle-ci déterminera fortement les tendances dans la nouvelle période que cette crise semble dessiner. Dans l'immédiat, la position d'un Iran fragilisé par les manifestations et les protestations populaires a été renforcée. Mais on voit difficilement comment Israël ne chercherait pas, en même temps que de « détruire le Hamas » à réduire également à la capacité que l'Iran a de semer indirectement la terreur sur le sol israélien. Bref, malgré ses atouts financiers et diplomatiques, l'Arabie saoudite doit réfléchir à la manière de gérer cette situation complexe. Pour l'instant, les déclarations de la diplomatie saoudienne, appelant à l'intervention de la communauté internationale après avoir souhaité jouer le rôle d'hégémon régional, pourraient être perçues comme un signe de faiblesse.

La position algérienne mérite aussi d'être évoquée. Très vite, le pays a tenu un discours très ferme de soutien au Hamas. Pourtant, elle n'appartient pas à l'axe de puissance iranienne. Elle a adopté dès le début, des positions très similaires à cet axe, pour trois raisons. D'abord, il y a une question de voisinage : la position algérienne tient en grande partie à ses tensions diplomatiques avec le Maroc. L'Algérie a vivement critiqué les Accords d'Abraham et utilise le soutien au Hamas pour mettre son voisin en difficulté, alors que celui-ci peine à concilier ses engagements diplomatiques avec la volonté populaire, largement en faveur du Hamas. Ensuite, la diplomatie algérienne suit une direction de plus en plus ouvertement anti-occidentale. On l'a vu dans d'autres contextes, comme avec la guerre en Ukraine, où l'Algérie a immédiatement soutenu la Russie, rappelant ainsi ses liens historiques avec l'URSS. Enfin, historiquement, l'Algérie se trouve dans le camp du refus lorsqu'il s'agit de la question israélo-palestinienne. Mais ce facteur historique n'est pas le seul en jeu : la dynamique politique interne joue également un rôle crucial. L'actuel régime algérien fait face à une population majoritairement jeune, confrontée à de hauts taux de chômage. Celle-ci est par ailleurs animée d'un ressentiment profond envers Israël : utiliser le conflit externe pour canaliser une partie de la frustration politique interne permet de réduire la pression sur le régime. C'est une tactique ancienne et éprouvée — que la guerre de Soukkot ramène au premier plan.

Au sein du camp du refus, la situation du Liban interpelle singulièrement à cause du poids que le Hezbollah y a acquis. Devant l'ampleur des massacres commis par le Hamas en Israël, il est très possible que la guerre ne se limite pas à Gaza, ce qui pourrait réenclencher un certain nombre de dynamiques au Moyen-Orient. De fait, si l'attention est principalement centrée sur Gaza et Israël, ces attaques ont été orchestrées depuis longtemps, avec des préparatifs en partie menés à Beyrouth. Dans cette crise, il faut souligner la triangulation entre le Hamas, le Hezbollah et, dans une certaine mesure, certains acteurs de la crise syrienne. L'implication potentielle du Hezbollah pourrait pousser Israël à cibler le Liban, ce qui ferait entrer la guerre de Soukkot dans une nouvelle dimension. L'ampleur des massacres commis par le Hamas, les enlèvements et leur perception en Israël ont déjà introduit une rupture.

Une ombre plane sur cette carte et sur cette étude, qui détaille de manière systématique la prise de position de chaque pays : la place de la Russie, qui profite notamment du rôle décroissant de l'Europe. La Russie, qui avait été relativement silencieuse dans la région depuis la chute de l'URSS, en grande partie sous influence américaine, a refait surface comme une puissance majeure depuis une dizaine d'années. Cela a été particulièrement évident lors de la guerre en Syrie, où Moscou a joué un rôle prépondérant, surpassant même les États-Unis dans sa capacité à influer sur le cours de la guerre, notamment en intervenant directement au sol pour sauver son allié, Bashar al-Assad. Malgré son rôle de modérateur de l'influence iranienne, la Russie est souvent perçue comme étant en collusion avec l'Iran sur de nombreux fronts. Dans le cas de la guerre de Soukkot, elle semble pour l'instant adopter une approche de neutralité, se positionnant davantage comme un intermédiaire. C'est ce qu'elle a fait valoir le 10 octobre pendant la visite du Premier ministre irakien au Kremlin, au cours de laquelle Vladimir Poutine a pointé du doigt les échecs américains dans la région et l'incapacité des États-Unis à régler la crise, tout en appelant à la désescalade. Ce dernier terme n'est pas neutre dans la bouche de Poutine : c'est l'élément de langage qu'ils essayent d'imposer pour l'Ukraine afin d'obtenir une reconnaissance du statu quo.

Rien d'illogique là-dedans : le comportement de la Russie au Moyen-Orient est influencé par ses intérêts en Ukraine, en particulier par sa stratégie visant à affaiblir l'Occident, notamment l'Europe. C'est que, dans la crise actuelle, l'Europe, malgré son soutien financier important à l'Autorité palestinienne, semble manquer de poids politique et diplomatique dans la région. Bien qu'elle finance une grande partie de l'infrastructure de l'Autorité palestinienne, ses efforts n'ont pas conduit à la création d'un État palestinien capable de stabiliser la situation, mais plutôt à une expansion des colonies en Cisjordanie. Si l'on revient au début des années 2010, la guerre civile syrienne a été un moment déterminant. Initialement, l'Europe avait une influence significative en Syrie, mais à la fin du conflit, celle-ci avait considérablement diminué, comme l'illustre le processus d'Astana, qui a vu la Russie, l'Iran et la Turquie se réunir pour discuter de la situation en Syrie. Alors même que ces trois pays poursuivaient des intérêts et des objectifs divergents en Syrie, ils se sont entendus sur un point : celui d'écarter les Occidentaux — et en premier lieu, les Européens — du règlement de la crise et, plus généralement, des affaires régionales. On en voit les conséquences aujourd'hui à l'aube de la guerre de Soukkot, mais aussi en Afrique subsaharienne et au Maghreb.

Le 11 octobre, Mohammed Ben Salman et Ebrahim Raïssi, le président iranien, ont échangé un coup de téléphone pendant lequel ils ont évoqué « l'escalade militaire en cours à Gaza ». Le prince héritier saoudien a insisté sur les efforts diplomatiques du royaume pour mettre fin à l'escalade. Il a rappelé la « nécessité d'adhérer aux principes du droit humanitaire international », exprimant son inquiétude quant à « la situation humanitaire désastreuse à Gaza ». Enfin, il a redit le soutien inébranlable de l'Arabie Saoudite à la « défense de la cause palestinienne et son soutien aux efforts visant à parvenir à une paix globale et équitable qui garantisse les droits légitimes du peuple palestinien. »

Membres de la Ligue arabe

Le Secrétaire Général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, rejette la violence « des deux côtés » et appelle à une résolution juste au conflit israélo-palestinien. Des échanges auraient aussi eu lieu entre la Ligue arabe et la Russie pour trouver une solution au conflit.

Algérie

Après l'Iran (dont nous avons étudié ici le positionnement), l'Algérie a été le deuxième pays à prendre position d'une manière claire, en condamnant d'une manière unilatérale l'État d'Israël — considéré comme le seul responsable « d'attaques brutales » — et en revendiquant le droit des Palestiniens à combattre « l'occupation sioniste ».

Dans un communiqué officiel diffusé sur les réseaux sociaux par le compte du Ministère des affaires étrangères algérien, on peut lire :

« L'Algérie suit avec une grande préoccupation l'évolution des attaques brutales d'Israël sur la bande de Gaza, qui ont coûté la vie à des dizaines de fils et filles innocents du peuple palestinien, tombés en martyrs face à la persistance de l'occupation sioniste dans la politique d'oppression et de persuasion qu'elle impose au courageux peuple palestinien.

L'Algérie condamne fermement ces politiques et pratiques qui violent les règles humanitaires les plus élémentaires et les références de la légitimité internationale.

Dans ce contexte, l'Algérie renouvelle sa demande d'une intervention immédiate de la communauté internationale à travers les instances internationales compétentes pour protéger le peuple palestinien de l'arrogance et du crime que l'occupation zioniste a érigé en caractéristique de cette coopération.

L'Algérie renouvelle également sa conviction que l'occupation coloniale sioniste est au cœur du conflit arabo-israélien et que la fin des fléaux et tragédies adverisites résultant de ce conflit réside incontestablement dans la réponse aux droits nationaux légitimes du peuple palestinien et dans son habilitation à établir son statut indépendant sur les frontières de 1967 avec Al-Quds Al Sharif [l'un des noms arabes de Jérusalem] comme capitale.

Arabie Saoudite

La diplomatie saoudienne a été particulièrement active depuis le début de cette séquence. Dès le 7 octobre, à 14:15 (heure de Paris), le royaume a publié le communiqué suivant :

« Le royaume d'Arabie Saoudite suit de près l'évolution de la situation inédite entre un certain nombre de factions palestiniennes et les forces d'occupation israéliennes, qui ont eu comme résultat un haut niveau de violence sur plusieurs fronts.

Le royaume appelle à une cessation immédiate de l'escalade entre les deux camps, la protection des civils et de la retenue.

Le royaume rappelle ses avertissements répétés quant aux dangers d'une explosion de la situation due à l'occupation continue, la privation des droits légitimes du peuple palestinien, et la répétition systématique des provocations contre ses lieux saints.
Le royaume renouvelle son appel à la communauté internationale à assumer ses responsabilités et à activer un processus de paix crédible qui conduise à une solution à deux États qui établisse la paix et la sécurité dans la région et protège les civils. »

Par la suite, l'Arabie Saoudite a publicisé nombre d'entretiens téléphoniques entre son ministre des Affaires étrangères, Faisal bin Farhan, et ses homologues dans le monde entier : Josep Borrell, haut représentant de l'Union européenne ; Anthony Blinken pour les États-Unis ; Ayman Safadi, pour la Jordanie ; Sameh Shoukry pour l'Égypte ; Mohammed bin Abdulrahman Al Thani pour le Qatar ; Catherine Colonna ; Hanke Bruins Slot pour les Pays-Bas. Le 9 octobre, Faisal ben Farhan s'est à nouveau entretenu avec Anthony Blinken.

Le deuxième communiqué indique notamment : « Au cours de cet appel, les deux ministres ont discuté du danger que représente la poursuite de l'escalade militaire à Gaza et dans ses environs, de l'importance d'œuvrer pour désamorcer les tensions et de la nécessité pour la communauté internationale d'agir collectivement pour réduire les répercussions de cette crise d'une manière qui préserve la paix et la sécurité internationales. »

Le 9 octobre, Mohammed ben Salman s'est aussi entretenu avec Mahmoud Abbas, Président de l'Autorité palestinienne. Pendant cet appel, le prince héritier aurait notamment : « insisté sur le fait que le royaume continue de soutenir le peuple palestinien dans la quête de leurs droits légitimes, leur aspiration à une vie digne, à la réalisation de leurs espoirs et de leurs aspirations, et l'aboutissement d'une paix juste et durable ». Le même jour, Mohammed ben Salman a aussi échangé avec le roi Abdallah de Jordanie et le Président égyptien Abdel Fattah Al-Sisi. Dans les deux cas, les deux dirigeants ont rappelé leur attachement aux droits des Palestiniens.

Bahreïn

Le 9 octobre, le ministère des Affaires étrangères de Bahreïn a publié ce communiqué : « Le ministère des Affaires étrangères a souligné la nécessité d'arrêter immédiatement les combats en cours entre le mouvement palestinien Hamas et les forces israéliennes, avertissant que les attaques lancées par le Hamas constituent une escalade dangereuse qui menace la vie des civils, exprimant son profond regret pour la grande perte de la vie et des biens, ses condoléances aux familles des victimes et ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.

Le ministère a également exprimé la dénonciation du Royaume de Bahreïn face aux enlèvements de civils à leur domicile comme otages, rapportés dans certains rapports, appelant à mettre fin à l'escalade et à éviter les violences qui menacent la sécurité et la stabilité régionales et laissent présager des conséquences désastreuses pour la région.

Le ministère des Affaires étrangères a appelé la communauté internationale à intervenir et à assumer ses responsabilités pour mettre fin aux combats et assurer une protection complète aux civils qui ne devraient pas être la cible d'un conflit en vertu du droit international humanitaire, et à faire progresser les efforts visant à instaurer la paix, la stabilité et la sécurité pour tous les peuples de la région.

Le ministère a affirmé que le Royaume de Bahreïn soutient les efforts visant à mettre fin aux combats et à l'escalade et à parvenir à une solution politique par le dialogue et les négociations et à un règlement pacifique final du conflit conformément à la solution à deux États et aux résolutions de légitimité internationale. »

Égypte

Comme l'Arabie Saoudite ou la Jordanie, la diplomatie égyptienne est très active depuis le 7 octobre. Sameh Choukri, le ministre égyptien des Affaires étrangères, a échangé avec vingt de ses homologues : Allemagne, Arabie Saoudite, Canada, Émirats arabes unis, Espagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Iran, Italie, Jordanie, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Qatar, Russie, Slovénie, Turquie et Union européenne. Il a également échangé avec Philippe Lazzarini le Commissaire général de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) et le Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient.

Dans les résumés de ces échanges comme dans ses communiqués, l'Égypte appelle les deux parties à « faire preuve de retenue » et demande une « désescalade ». L'Égypte insiste aussi sur le rôle humanitaire qu'elle entend jouer dans la crise.

Du centre du globe à ses frontières les plus lointaines, la guerre est là.

Notre ère est traversée par un phénomène occulte et structurant, nous proposons de l'appeler : guerre étendue.

Émirats arabes unis

À l'heure actuelle, les Émirats arabes unis ont publié deux communiqués successifs. Mohammed ben Zayed a également fait montre d'une intense activité diplomatique, en s'entretenant par exemple de la situation avec Bachar al-Assad.

Le 7 octobre, le premier communiqué se présentait ainsi : « Les Émirats arabes unis ont exprimé leur profonde préoccupation face à l'escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens, ont souligné la nécessité de mettre fin à cette escalade et de préserver la vie des civils, et ont présenté leurs sincères condoléances à toutes les victimes tombées lors de cette escalade.

Le ministère des Affaires étrangères a confirmé dans un communiqué que les Émirats arabes unis appellent à faire preuve d'un maximum de retenue et à un cessez-le-feu immédiat pour éviter des répercussions dangereuses.

Le ministère a indiqué que les Émirats arabes unis, en sa qualité de membre non permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, appellent à la nécessité de réactiver immédiatement le Quatuor international pour relancer le chemin de la paix israélo-arabe, et exhortent la communauté internationale à faire progresser tous les efforts déployés pour parvenir à une paix globale et juste et empêcher que la région ne soit entraînée vers de nouveaux niveaux de violence, de tension et d'instabilité. »

Le 8 octobre, alors que l'ampleur du bilan humain de l'attaque du 7 octobre commence à être mieux connue, un deuxième communiqué est publié. Il est plus précis que le précédent : « Le ministère a souligné que les attaques du Hamas contre les villes et villages israéliens proches de la bande de Gaza, y compris les tirs de milliers de roquettes sur les centres de population, constituent une escalade sérieuse et grave. Le ministère est consterné par les informations selon lesquelles des civils israéliens ont été enlevés comme otages à leur domicile. Les civils des deux côtés doivent toujours bénéficier de la pleine protection du droit international humanitaire et ne doivent jamais être la cible d'un conflit.

Les Émirats arabes unis ont exprimé leurs condoléances aux familles des victimes et ont exhorté à tous les efforts diplomatiques pour empêcher une confrontation régionale plus large.

En outre, le ministère déplore profondément la perte de vies israéliennes et palestiniennes à la suite de la flambée de violence, et appelle les deux parties à désamorcer et à éviter une expansion de cette violence odieuse avec des conséquences tragiques affectant la vie et les installations des civils.

Les Émirats arabes unis ont souligné que la communauté internationale doit travailler ensemble pour empêcher que la violence ne risque d'entraîner une plus grande instabilité et des retombées, y compris l'implication d'autres groupes.

Les Émirats arabes unis ont réaffirmé que la communauté internationale doit rester déterminée face à ces tentatives violentes visant à faire dérailler les efforts régionaux en cours visant au dialogue, à la coopération et à la coexistence, et ne doit pas permettre que la destruction nihiliste s'empare d'une région dont les habitants ont déjà suffisamment souffert de la guerre. et un traumatisme.

Le ministère a souligné que les Émirats arabes unis restaient en contact étroit avec tous les partenaires régionaux et internationaux pour désamorcer rapidement la situation, rétablir le calme en Israël et dans les territoires palestiniens et reprendre les négociations pour un règlement final dans le cadre des paramètres de la solution à deux États pour les Palestiniens et les Israéliens, qui méritent de vivre dans la paix et la dignité. »

Irak

Le 7 octobre, à 14:30 (heure de Paris), le gouvernement irakien publie le communiqué suivant : « L'Irak affirme sa position ferme, en tant que peuple et gouvernement, à l'égard de la question palestinienne. Il se tient aux côtés du peuple palestinien dans la réalisation de ses aspirations et l'obtention de ses pleins droits légitimes, et l'injustice ou l'usurpation de ces droits ne peuvent pas produire une paix durable. Les opérations menées aujourd'hui par le peuple palestinien sont le résultat naturel de l'oppression systématique qu'il subit depuis l'Antiquité de la part de l'autorité d'occupation sioniste, qui n'a jamais adhéré aux résolutions internationales et de l'ONU. Il invite la communauté internationale à prendre des mesures pour mettre fin aux graves violations et rétablir les droits légitimes du peuple palestinien, qui souffre toujours de l'occupation, des politiques de discrimination raciale, du blocus, de la violation des lieux saints et des valeurs et principes humanitaires. Nous mettons en garde contre une escalade continue dans les territoires palestiniens. Parce qu'elle aura une incidence sur la stabilité de la région, nous appelons également la Ligue des États arabes à se réunir d'urgence pour discuter de l'évolution de la situation dangereuse dans les territoires palestiniens. »

Le 10 octobre, Vladimir Poutine a reçu Mohammed Shia Al-Sudani, le premier ministre irakien, au Kremlin où la situation en Israël a été évoquée. Pendant cette rencontre, Poutine a déclaré que l'explosion de violence en Israël montrait l'échec de la politique américaine au Moyen-Orient.

Jordanie

Ayman Safadi, le ministre des Affaires étrangères jordanien se montre très actif depuis le début de l'attaque du Hamas.

Sa page Twitter comptabilise ses échanges avec vingt-trois de ses homologues : Allemagne, Arabie Saoudite, Australie, Autriche, Canada, Chypre, Espagne, Émirats arabes unis, États-Unis, France, Irlande, Italie, Japon, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, Qatar, Royaume-Uni, Slovénie, Suède, Turquie, et Union européenne. Il a également échangé avec l'un des principaux responsables de l'Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh. Le résumé des échanges est assez similaire d'un communiqué à l'autre : Ayman Safadi et son homologue « ont passé en revue aujourd'hui, lors d'un appel téléphonique, la situation dans la ville de Gaza et ses environs, ainsi que les efforts déployés pour stopper la détérioration. Safadi a souligné la nécessité d'intensifier les efforts visant à réduire l'escalade, à protéger les civils, à respecter le droit international humanitaire et à trouver une perspective politique pour réaliser la paix. »

Par ailleurs, le ministère a publié un communiqué le 7 octobre à 13:50 (heure de Paris) dans lequel il alertait des risques de l'escalade tout en se montrant très critique de la politique israélienne en Cisjordanie, et des attaques contre les lieux saints musulmans et chrétiens.

Koweït

Le 7 octobre à 15:10 (heure de Paris), le ministère des Affaires étrangères du Koweït publiait le communiqué suivant : « Le ministère des Affaires étrangères exprime la profonde préoccupation de l'État du Koweït concernant les récents développements et l'escalade en cours dans la bande de Gaza et les territoires palestiniens occupés, qui résultent de la continuation des violations et des agressions flagrantes commises par les autorités d'occupation israéliennes contre le peuple palestinien frère.

Le ministère des Affaires étrangères confirme l'appel de l'État du Koweït à la communauté internationale, et en particulier au Conseil de sécurité, pour assumer ses responsabilités, arrêter la violence en cours, fournir une protection au peuple palestinien frère, et mettre fin aux pratiques provocatrices des autorités d'occupation, notamment les violations continues de la sainteté de la mosquée Al-Aqsa bénie, et la politique d'expansion coloniale.

Le ministère des Affaires étrangères réaffirme la position constante et de principe de l'État du Koweït de se tenir aux côtés du peuple palestinien frère et de le soutenir jusqu'à ce qu'il obtienne tous ses droits, le plus important étant son État indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Il met en garde contre le fait que la continuation du cycle de violence sans l'arrêter et sans punir ceux qui en sont responsables pourrait saper les efforts de paix et la solution des deux États. »

Liban

Dans un contexte interne particulièrement confus, il n'y a pas eu de communiqué officiel du gouvernement. D'un côté, depuis les élections législatives du 15 mai 2022, le processus de constitution d'un nouveau gouvernement est complètement bloqué. C'est donc le gouvernement sortant de Najib Mikati qui assure toujours l'intérim dans un pays dévasté par la crise économique et l'inflation. La situation est encore plus compliquée depuis le 31 octobre 2022, date à laquelle le mandat du président Michel Aoun a pris fin, sans que son successeur n'ait été élu. La situation qui dure depuis presqu'un an n'est toujours pas réglée.

La seule déclaration officielle vient donc de Abdallah Bou Habib, le ministre des Affaires étrangères, qui a indiqué : « Je suis à l'étranger aujourd'hui, mais je reste en contact avec le Premier ministre à qui le Hezbollah a promis qu'il n'interfèrerait pas avec ce qui se passe (en Israël). […] Si Israël ne nous harcèle pas, il ne sera pas harcelé en retour, et (le Hezbollah) à n'interviendra pas pour le moment ». Le ministre a également déclaré qu'il n'y aurait pas d'évolution tant qu'Israël « se défendait », ajoutant que « Dieu seul savait » ce qui pourrait arriver s'il décidait « d'étendre la guerre » (source L'Orient Le Jour).

De son côté, le Hezbollah a publié un communiqué le 7 octobre. Il y écrivait notamment que ​​l'attaque du Hamas était « une réponse décisive aux crimes de l'occupation et aux agressions continues contre le sacré et la dignité. Elle prouve encore une fois que la volonté du peuple palestinien et les armes de la Résistance sont la seule option pour faire face à l'ennemi et à l'occupation. Ils constituent un message au monde arabe et musulman, ainsi qu'à la communauté internationale, surtout ceux qui cherchent à normaliser leurs relations avec l'ennemi, pour dire que la cause palestinienne ne meurt pas ».

Il ajoute : « Nous appelons les peuples de notre nation arabe et musulmane dans le monde à annoncer leur soutien au peuple palestinien et aux mouvements de résistance qui affirment leur union sur le terrain, à travers le sang, la parole et l'action ».

L'organisation a conclu son communiqué en affirmant que « la direction de la Résistance islamique au Liban suit les développements sur le terrain palestinien de près et avec grand intérêt. Elle est en contact direct avec la direction de la résistance palestinienne de l'intérieur et de l'extérieur et évalue constamment avec elle la situation et le déroulement des opérations. […] Nous appelons le gouvernement ennemi sioniste à tirer les leçons des faits que la résistance palestinienne a imposés sur le terrain. »

Libye

Pour l'instant, aucune des factions se disputant le pouvoir en Libye n'a pris la parole à propos de l'attaque du 7 octobre.

Maroc

Le Maroc a déjà publié deux communiqués après l'attaque du 7 octobre.

Le premier est paru quelques heures après le début des massacres : « Le Royaume du Maroc exprime sa profonde préoccupation suite à la détérioration de la situation et au déclenchement des actions militaires dans la bande de Gaza et condamne les attaques contre les civils d'où qu'ils soient.

Le Royaume, qui n'a eu de cesse de mettre en garde contre les répercussions du blocage politique sur la paix dans la région et contre les risques de l'aggravation des tensions qui en résulte, appelle à un arrêt immédiat de tous les actes de violences et à un retour à l'apaisement, tout en évitant toutes les formes d'escalade pouvant saper les chances de la paix dans la région.

Le Royaume du Maroc, dont le Souverain, SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, préside le Comité Al Qods, souligne que le dialogue et les négociations demeurent la seule voie pour parvenir à une solution globale et durable à la question palestinienne, sur la base des résolutions de la légalité internationale et du principe des deux États, tel que convenu au niveau international. »

Le second est paru le lendemain, et démontre une claire volonté d'agir dans le champ diplomatique. « Sur Instructions de SM le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste, le Royaume du Maroc, président de la session actuelle du Conseil de la Ligue des États Arabes au niveau ministériel, a appelé à la tenue d'une réunion d'urgence du Conseil au niveau des ministres des Affaires étrangères arabes pour la concertation et la coordination au sujet de la détérioration de la situation dans la bande de Gaza et du déclenchement d'actions militaires visant les civils, ainsi que pour la recherche des moyens pour l'arrêt de cette dangereuse escalade.

D'intenses concertations se déroulent pour la tenue de la réunion au cours de cette semaine au siège de la Ligue des États Arabes au Caire. »

Oman

Le 7 octobre, le ministère des Affaires étrangères du sultanat d'Oman a publié le communiqué suivant : « Le Ministère des Affaires Étrangères suit avec intérêt et inquiétude l'escalade découlant de la poursuite de l'occupation israélienne illégitime des territoires palestiniens.

Le ministère des Affaires Étrangères surveille attentivement et est préoccupé par l'escalade en cours entre les Palestiniens et les Israéliens en raison de la continuation de l'occupation israélienne illégitime des territoires palestiniens, et des attaques israéliennes continues contre les villes et villages palestiniens, ce qui menace d'avoir des répercussions graves et une intensification de la violence.

Le Ministère appelle les deux parties à exercer la plus grande retenue et souligne la nécessité de protéger les civils. Il réaffirme que la communauté internationale et les parties internationales soutenant les efforts pour relancer le processus de paix doivent intervenir immédiatement pour stopper l'escalade en cours et se conformer aux règles du droit international. Le Ministère rappelle également et souligne la nécessité stratégique de trouver une solution juste, complète et durable à la question palestinienne, basée sur la solution à deux États et le droit à l'autodétermination du peuple palestinien, en établissant leur État indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale. »

Qatar

Le 7 octobre, le Qatar a publié un communiqué dans lequel il indiquait notamment : « L'État du Qatar exprime sa profonde inquiétude face à l'évolution de la situation dans la bande de Gaza et appelle toutes les parties à la désescalade et à la plus grande retenue. Le ministère des Affaires étrangères tient Israël pour responsable de l'escalade actuelle en raison de ses violations constantes des droits du peuple palestinien, la dernière en date étant les incursions répétées dans la mosquée Al-Aqsa sous la protection de la police israélienne. »

Soudan

À l'heure actuelle, le Soudan n'a publié aucun communiqué sur la situation en Israël.

Syrie

Le 8 octobre dans la soirée, le compte de la présidence syrienne publiait le message suivant sur les réseaux sociaux : « Le président Bachar el-Assad a reçu un appel de Son Altesse le Sheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan, président des Émirats Arabes Unis, au cours duquel ils ont discuté des développements dans les territoires palestiniens occupés et de la situation dans la région. »

C'est à ce jour le seul commentaire officiel du gouvernement syrien.

Tunisie

Le 8 octobre 2023, la Tunisie a quant à elle publié le communiqué suivant : « La Tunisie exprime son soutien total et inconditionnel au peuple palestinien et rappelle que ce que certains médias qualifient de bande de Gaza est une terre palestinienne qui est sous occupation sioniste depuis des décennies, et que le peuple palestinien a le droit de la récupérer et de récupérer toute la terre de Palestine, et qu'ils ont également le droit d'établir leur État indépendant, dont la capitale est Al-Quds Al-Sharif [Jérusalem], la première des deux qibla [direction vers laquelle un fidèle musulman doit se tourner lorsqu'il prie] et la troisième des deux saintes mosquées.

La Tunisie appelle également toutes les consciences vivantes du monde à se tenir aux côtés du peuple palestinien et à se souvenir des massacres perpétrés par l'ennemi sioniste contre notre peuple arabe en Palestine et même contre la nation tout entière. Le monde entier ne doit pas oublier les massacres perpétrés par l'ennemi à Al-Dawayima, dans la ville d'Al-Sheikh, à Deir Yassin, à Kafr Qasem, à Khan Yunis, à la mosquée Al-Aqsa, à la mosquée Ibrahimi et ailleurs. Il ne doit pas non plus oublier les centaines de morts et les milliers de personnes qui ont été déplacées de leurs maisons et privées de leurs terres. Ils doivent se souvenir de ces dates et reconnaître le droit à une résistance légitime à l'occupation. Ils ne considèrent pas cette résistance comme une agression ou une escalade.

La Tunisie appelle également la communauté internationale à assumer ses responsabilités historiques pour mettre fin à l'occupation brutale de toute la Palestine et de son intégralité. Les forces d'occupation sionistes violent les droits du peuple palestinien, qui défie totalement toutes les lois et valeurs religieuses. »

Yémen

Nasreddin Amer, secrétaire adjoint à l'information du mouvement Ansar Allah — les Houthis — a déclaré au magazine Newsweek : « Au Yémen, nous soutenons le peuple palestinien par tous les moyens possibles et nous n'abandonnerons pas le peuple palestinien opprimé et sa résistance, qui le défend et a le droit de le faire. […] La possibilité d'une participation directe au soutien de la résistance dépend de l'évolution de la situation sur place. Nous suivons de près la situation sur place et sommes en contact permanent avec la résistance. »

Autres pays musulmans

Afghanistan

L'émirat islamique d'Afghanistan, sous le contrôle des Talibans depuis août 2021, se montre très actif sur les réseaux sociaux depuis le début de l'attaque terroriste menée par le Hamas.

Le 7 octobre, le ministère des Affaires étrangères afghan publiait le communiqué suivant : « L'Émirat islamique d'Afghanistan suit de près les récents événements qui se sont déroulés dans la bande de Gaza et considère que tout ce qui se passe est le résultat de l'agression israélienne et de la violation permanente du caractère sacré de la mosquée Al-Aqsa et des lieux saints pour les musulmans. Il considère que la défense par le peuple palestinien de sa liberté et de l'indépendance de son pays et sa résistance à l'occupation sont vraiment légitimes pour lui. L'Émirat islamique d'Afghanistan affirme son soutien et son appui à la création d'un État palestinien indépendant sur ses terres historiques, qui est un droit légitime, historique et légal du peuple palestinien à défendre l'indépendance du pays, et lance un appel aux pays islamiques et à l'Organisation de la coopération islamique, La communauté internationale, en particulier les pays qui ont une influence évidente dans la région, doit s'opposer à l'agression israélienne contre le peuple palestinien innocent et coopérer pour résoudre la question palestinienne sur la base de l'octroi de droits légitimes aux Palestiniens. »

Le jour même, et au cours des jours suivants, le gouvernement afghan publie d'autres messages similaires. Le 10 octobre, Abdul Qahar Balkhi, porte-parole du ministère des Affaires étrangères afghan qualifie par exemple la riposte israélienne à Gaza « de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. »

Le gouvernement taliban a par ailleurs nié que des combattants afghans seraient en route vers Israël après la publication de nombreux messages sur les réseaux sociaux suggérant que ceux-ci seraient en route.

Bangladesh

On peut lire sur le site du ministère des Affaires étrangères du Bangladesh un court message daté du 8 octobre : « le Bangladesh appelle à un cessez-le-feu urgent des conflits armés entre Israël et la Palestine ».

Brunei

Dans un communiqué datant du 9 octobre, le sultanat de Brunei s'est dit « profondément préoccupé par la récente escalade de la violence » et a appelé à la fin des hostilités, avant de réitérer sa solidarité avec le peuple palestinien.

Indonésie

Le 8 octobre, l'Indonésie a officiellement déclaré : « La racine du conflit, à savoir l'occupation des territoires palestiniens par Israël, doit être résolue, conformément aux paramètres convenus par les Nations unies. »

Iran

L'Iran a été le premier pays à soutenir officiellement l'attaque du Hamas.

Lors d'une cérémonie de diplomation d'élèves officiers samedi, le Guide Suprême de la République islamique d'Iran a déclaré : « Ceux qui soutiennent le régime usurpateur [Israël] ont répandu des rumeurs au cours des derniers jours qui placent l'Iran derrière ce qui s'est déroulé. Ils ont tort. Nous défendons la Palestine. Nous embrassons les fronts et les mains des organisateurs intelligents et rusés de la jeunesse palestinienne, mais ce qui s'est passé a été fait par les Palestiniens eux-mêmes ».

De son côté, le président iranien Ebrahim Raisi a déclaré dimanche 8 octobre que l'Iran apportait son soutien à la « légitime défense de la nation palestinienne ».

Le 9 octobre, Iran, le journal officiel du gouvernement iranien a publié une image célébrant la mort de mille israéliens : on y voit un jeune homme portant keffieh et brassard au couleur de la Palestine arborant un ballon gonflable — sur le modèle des ballons de fêtes d'anniversaire — affichant « 1K » (pour mille).

Malaisie

Dans un communiqué datant du 8 octobre, le ministère des Affaires étrangères malais a déclaré : « La cause première doit être reconnue. Les Palestiniens ont été soumis à une occupation illégale prolongée, à un blocus et à des souffrances, à la profanation d'Al-Aqsa, ainsi qu'à la politique de dépossession aux mains d'Israël en tant qu'occupant ». Kuala Lumpur estime que « l'incohérence des mesures prises à l'égard du régime israélien » fragilise le droit international. Elle appelle à une politique plus cohérente vis-à-vis de ce qu'elle qualifie de « situation d'appartheid » et dénonce des « traitements disproportionnés » ainsi qu'une « hypocrisie flagrante » face aux situations d'apartheid et de violation des droits humains.

Pakistan

Le 7 octobre à 16h (heure de Paris) Anwaar ul Haq Kahar, le premier ministre pakistanais par intérim avant les élections qui doivent se tenir prochainement, a publié le message suivant : « Le cœur brisé par l'escalade de la violence au Moyen-Orient, qui souligne la nécessité urgente de résoudre la question palestinienne. Nous appelons à la retenue et à la protection des civils. Une paix durable au Moyen-Orient réside dans une solution à deux États avec un État de Palestine viable, contigu et souverain, fondé sur les frontières d'avant 1967, avec Al Qods Al-Sharif [Jérusalem] en son cœur. »

Turquie

Le 8 octobre 2023, le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé à Israël et au Hamas de « soutenir la paix » et d'épargner les civils, indiquant que la Turquie était « à faire tout ce qui est en son pouvoir pour mettre fin aux affrontements dès que possible ».

Par ailleurs, des manifestants ont participé à une marche pour le Hamas devant la mosquée de Fatih, en Turquie.

Asie centrale et Caucase

Les relations entre Israël et les anciennes Républiques socialistes soviétiques sont anciennes et s'intègrent dans la stratégie diplomatique israélienne dite « Doctrine de la périphérie ». Au lendemain de la proclamation de l'État hébreu le 14 mai 1948, David Ben Gourion, dont le pays est assailli par les armées des pays arabes, cherche à créer des liens avec des pays musulmans non-arabes, au premier rang desquels la Turquie et l'Iran. Les relations avec ces deux pays se détériorent à l'occasion de la révolution islamique iranienne de 1979 et de l'arrivée au pouvoir de l'AKP en 2002. À partir de la chute de l'Union soviétique en 1991, Tel Aviv se tourne vers les républiques nouvellement indépendantes d'Asie centrale.

Des relations diplomatiques sont établies en 1992 avec l'Ouzbékistan, le Kirghizstan, le Tadjikistan et le Kazakhstan, en 1993 avec le Turkménistan. La région abrite par ailleurs des minorités juives anciennement établies. Le dernier recensement de la population soviétique en 1989 en recensait plus de 65000 en Ouzbékistan, 18000 au Kazakhstan, 10000 au Tadjikistan, 6000 au Kirghizstan, et 2000 au Turkménistan.

À l'exception du Turkménistan qui n'a pas réagi à l'heure actuelle, les anciennes RSS affichent une position commune en appelant à la désescalade.

Azerbaïdjan

Le 7 octobre, le ministère des Affaires étrangères azerbaidjanais a publié sur X (anciennement Twitter) le communiqué suivant : « Nous condamnons la violence contre les civils dans la zone de conflit israélo-palestinienne. Nous exprimons nos condoléances pour les pertes tragiques de vies humaines parmi de nombreux civils, tant en Israël que dans la bande de Gaza. Nous appelons à une désescalade urgente de la situation. »

Kazakhstan

Le 08 octobre, l'agence de presse Kazinform rapportait les propos suivants, attribués à Aibek Smadiyarov, un représentant du ministère des Affaires étrangères kazakhstanais : « Nous exhortons les parties à rechercher des instruments politiques pour résoudre la situation de manière pacifique et à ne pas recourir à des actions qui pourraient conduire à une nouvelle escalade de la situation non seulement entre les deux Etats, mais aussi au Moyen-Orient dans son ensemble ».

Kirghizistan

Le 09 octobre, un communiqué du ministère des Affaires étrangères kirghize indiquait que « La République kirghize suit avec inquiétude et inquiétude l'escalade du conflit israélo-palestinien, qui a fait de nombreuses victimes et destructions. Nous appelons les parties à cesser les hostilités et à entamer dès que possible un dialogue politique et diplomatique afin de parvenir à la paix, de protéger les civils et de stabiliser la situation au Moyen-Orient. »

Le lendemain, mardi 10 octobre, Bichkek indiquait que selon l'ambassade kirghize en Israël (sise à Ankara), aucun kirghize parmi les 56 ressortissants présents sur le territoire israelien n'avait été blessé par les combats.

Ouzbékistan

Le 09 octobre, le ministère des Affaires étrangères de la République d'Ouzbékistan a exprimé « sa vive inquiétude face à l'escalade de la situation dans la zone de conflit israélo-palestinienne, qui a fait de nombreuses victimes parmi la population civile et a considérablement compliqué la situation dans l'ensemble du Moyen-Orient. »

Avant d'adresser ses condoléances aux familles des victimes, le ministère a appelé les parties belligérantes à « prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre rapidement fin à la confrontation armée et résoudre la crise par des moyens politiques et diplomatiques. »

Tadjikistan

Le 08 octobre, le ministère des Affaires étrangères tadjik a publié le communiqué suivant : « La forte escalade des tensions au Moyen-Orient, qui a entraîné d'importantes pertes civiles et la destruction de logements et d'infrastructures sociales, a été accueillie avec une grande inquiétude au Tadjikistan. Le ministère des Affaires étrangères de la République du Tadjikistan condamne fermement les actes de violence et appelle les parties à mettre immédiatement fin à la violence et à engager un dialogue pour normaliser la situation. »

Tchétchénie

Ramzan Kadyrov a diffusé sur sa chaîne Telegram le message suivant : « J'appelle la communauté internationale à prendre au moins une fois à l'unanimité une décision juste concernant la situation en Palestine. J'appelle les dirigeants des pays musulmans à créer une coalition et à appeler ceux que vous appelez amis, l'Europe et l'Occident tout entier, à ne pas bombarder des civils sous prétexte de détruire des militants.

Nous soutenons la Palestine. Et nous sommes contre cette guerre qui, contrairement à d'autres conflits, peut évoluer vers quelque chose de plus.

Je suis moi-même allé en Israël. Et notre délégation pacifique a été directement confrontée à des tentatives de provocation ouverte. C'est pourquoi j'appelle à l'arrêt de la guerre et de toute forme d'escalade de la situation. Si nécessaire, nos unités sont prêtes à agir comme forces de maintien de la paix pour rétablir l'ordre et contrer tout fauteur de troubles. »

Turkménistan

Aucune déclaration officielle n'a été faite à l'heure actuelle.

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